Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 21:05
Les Ducs de Parnes 3


Une mort contre une vie  


   

Attablé à l’auberge « Au valet fou », un vieil homme sombre regardait deux duellistes, et réfléchissait au moyen de tirer profit de la situation. Une idée lui vint lorsque le plus ivre des deux blessa l’autre à mort et prit la fuite. Le blessé n’était autre que l’aubergiste. Ancien soldat, il s’était battu pour défendre l’honneur de son épouse qui pleurait à présent à chaudes en tenant son défunt mari.

Le vieux n’était autre que l’empoisonneur attitré du Duc de Parnes, qui venait d’être assassiné à l’église de Doucin. Libéré provisoirement de ses obligations, il avait un contrat avec le Comte de Loupin qui se voyait bien hériter du titre de son frère. Le duc étant sans enfant, il lui fallait empoisonner la duchesse.

Il était venu ici car la femme de l’aubergiste était blanchisseuse chez le duc. L’empoisonneur concevait les produits, et aimait en voir les résultats mais il considérait que les utiliser lui -même ne faisait pas partie de son métier. Par sécurité, il préférait déléguer cette tâche aux gens de peu. Cependant il répugnait à sortir de son mutisme coutumier car il cultivait une indispensable apparence inquiétante, fortement mise à mal lorsqu’il parlait : il était bègue.

Il marcha donc vers la veuve éplorée et se présenta en médecin. Après avoir examiné la blessure, il lui affirma qu’il pouvait le remettre sur pied. Sa main disparut dans une de ses amples marches et réapparut avec un fiole contenant un liquide violet.

« Voi voici un pa parfum que tu fe fferas respirer à Ma Madame la du duchesse. Mm mais garde toi de le ré respirer toi mmême. » Il lui mit la fiole dans les mains, mais elle restait interdite.

« Eh bien ! Dé Désires- tu que je ss sauve ton mari, ou non ? »

La jeune femme avait saisi le marché mais l’émotion qui lui dictait d’obéir combattait la raison qui lui intimait un refus. Elle ne savait rien de la médecine, mais elle savait reconnaître un homme mort.

« Mon mari n’est plus. » Pour toute réponse, le vieux bègue sortit une autre fiole de sa manche et glissa son contenu entre les lèvres du trépassé qui eut des convulsions. La lavandière en fut si impressionnée qu’elle crut son mari revenu à la vie. L’empoisonneur, sûr de son effet, conclut :

« Mm maintenant, si vous tenez à vvotre mari, laissez moi faire et allez-y. »

La veuve cacha alors la fiole dans son corsage et sortit. Il attendit quelques minutes, puis partit, laissant le mort derrière lui.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Parrain Tino 17/09/2006 13:09

Bigre, là, j'avoue que ça devient déjà compliqué, avec tous ces persos... (quoi ? tu as dis de dire ce qu'on pense, non ?)

Le Paresseux 20/09/2006 17:01

C'est normal, c'est pas fait pour être compris.Plus sérieusement le concours imposait au moins deux nouveaux personnages à chaque fois. Donc si on liait les six épisodes , ça compliquait vite.Ceci dit je me relis après tout ce temps et je vois pas mal de maladresses. Mais je laisse tel quel.