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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 08:30
Chaises

Enfin l'aube. La nuit a été terrifiante. C'est la nuit qu'ils attaquent. La nuit, nous ne pouvons pas fuir. Mon bois s'éveille lentement et je peux bouger mes pattes. Encore engourdi mon dossier craque. Puis je m'ébroue et commence à galoper. Le soleil qui perce à travers les lourds feuillages forestier réchauffe mon bois et l'assouplit. Je peux accélérer encore. Aujourd'hui il fera chaud je crois, nous serons rapides et forts. Tant mieux cela nous fera oublier la nuit glaciale. Autour de moi, le groupe s'élance aussi. Nous le suivons, il a décidé que nous allions chasser le singe. C'est toujours comme ça après une nuit de disparitions. Ces pitoyables créatures nous rappellent les humains et nous nous vengeons. Nous sommes nombreux mais il manque sept membres. Evidement les plus beaux, ceux qui sont de bois précieux. Sauf un vieux fauteuil gras et plus très agile et qui ramassait la poussière. Nous refusons de penser à eux avant d'avoir accompli le rituel qui nous purgera de notre peur. Car la peur que nous connaissons les nuits de disparitions nous saisi violemment jusqu'à entrer dans nos vaisseaux. Bien sûr nul ne peut dormir, nous sommes uns espèce végétale. Dans le froid de la nuit, nous sommes paralysés. Les animaux, ces detestables êtres peuvent alors nous ronger. Et les pires de tous, les humains. Ils viennent d'un autre monde, ils nous enlèvent. Ils passent parmi sous nos arbres ou nous essayons de nous mettre en sécurité. Ils nous choisissent en émettant des éclat de bruits sinistres et terrifiants nous décrochent comme des fruits et nous emmènent. Nous regardons des membres du groupe descendre vers l'inconnu, à la fois malheureux et soulagés de ne pas en être. Angoisse insoutenable. Vers où partent ils ? D'étranges légendes rampent à se sujet. Ils fixent leur victime pour l'éternité et les asservissent. Est-ce vrai ? Ce qui est sur c'est qu'ils nous ont toujours traqué. Et nous avons toujours soif de vengeancelorsque le jour vient nous délivrer. Les hommes sont introuvables dans ce monde. Alors nous frappons leurs ombres.

La traque dure la matinée et nous sommes de plus en plus agiles et rapides avec la course montante du soleil. Il est aux zénith lorsque nous arrivons. C'est un petit groupe guère plus nombreux que les barres de mon dossier. Nous devrons nous économiser si nous ne voulons pas en finir trop vite sans épancher notre soif. Il nous ont repérés, ils s'enfuient en éructant. Mais à cette heure, ils nous paraissent si patauds. On les poursuit. Peut-être ont-ils peur ? Qui peut savoir si les animaux connaissent la peur. Je l'espère. L'ivresse de la chasse dure un moment tandis que le soleil décroit. Nous perdons en souplesse il va falloir bientôt attaquer. Voilà, le tabouret donne le signal en donnant un vigoureux coup de patte sur un des singes. Il tombe et je le rattrape. Je le coince avec mon dossier contre un arbre. Il se débat en vain. Quelque goutte de leur sève tombe sur moi, signe que le massacre a commencé au dessus. Elle est rouge comme mon bois. Elle pénètre mes vaisseaux et me soulage. Mon liber se repait, je bois. Mais je n'ouvre pas le mien, personne n'est encore venu me le disputer. J'ai le temps. Le repas durera jusqu'au soir. Puis nous nous immobiliserons. Les humains sont rassasiés et nous aussi. La nuit sera paisible et nous pourrons pleurer.


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