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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 16:15
Encore une suite à écrire.

Le début  de la nouvelle vient de "Boléro" de Michèle Lesbre.

Je rappelle que l'exercice consiste à prendre le début d'un livre (quelques lignes) sans connaître la fin.
Je me suis demandé pourquoi la receptionniste aurait du être surprise au nom de  Roslyn Taber.  L'immensitude de mon incultance est une fois de plus flagrante. La réponse est ici :

blogclarabel.canalblog.com/archives/2007/01/18/3728185.html


Et mon script est là :

lajungleduparesseux.over-blog.com/pages/Bolero_a_partir_de_loeuvre_de_Lesbre-12494.html


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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 08:30
Chaises

Enfin l'aube. La nuit a été terrifiante. C'est la nuit qu'ils attaquent. La nuit, nous ne pouvons pas fuir. Mon bois s'éveille lentement et je peux bouger mes pattes. Encore engourdi mon dossier craque. Puis je m'ébroue et commence à galoper. Le soleil qui perce à travers les lourds feuillages forestier réchauffe mon bois et l'assouplit. Je peux accélérer encore. Aujourd'hui il fera chaud je crois, nous serons rapides et forts. Tant mieux cela nous fera oublier la nuit glaciale. Autour de moi, le groupe s'élance aussi. Nous le suivons, il a décidé que nous allions chasser le singe. C'est toujours comme ça après une nuit de disparitions. Ces pitoyables créatures nous rappellent les humains et nous nous vengeons. Nous sommes nombreux mais il manque sept membres. Evidement les plus beaux, ceux qui sont de bois précieux. Sauf un vieux fauteuil gras et plus très agile et qui ramassait la poussière. Nous refusons de penser à eux avant d'avoir accompli le rituel qui nous purgera de notre peur. Car la peur que nous connaissons les nuits de disparitions nous saisi violemment jusqu'à entrer dans nos vaisseaux. Bien sûr nul ne peut dormir, nous sommes uns espèce végétale. Dans le froid de la nuit, nous sommes paralysés. Les animaux, ces detestables êtres peuvent alors nous ronger. Et les pires de tous, les humains. Ils viennent d'un autre monde, ils nous enlèvent. Ils passent parmi sous nos arbres ou nous essayons de nous mettre en sécurité. Ils nous choisissent en émettant des éclat de bruits sinistres et terrifiants nous décrochent comme des fruits et nous emmènent. Nous regardons des membres du groupe descendre vers l'inconnu, à la fois malheureux et soulagés de ne pas en être. Angoisse insoutenable. Vers où partent ils ? D'étranges légendes rampent à se sujet. Ils fixent leur victime pour l'éternité et les asservissent. Est-ce vrai ? Ce qui est sur c'est qu'ils nous ont toujours traqué. Et nous avons toujours soif de vengeancelorsque le jour vient nous délivrer. Les hommes sont introuvables dans ce monde. Alors nous frappons leurs ombres.

La traque dure la matinée et nous sommes de plus en plus agiles et rapides avec la course montante du soleil. Il est aux zénith lorsque nous arrivons. C'est un petit groupe guère plus nombreux que les barres de mon dossier. Nous devrons nous économiser si nous ne voulons pas en finir trop vite sans épancher notre soif. Il nous ont repérés, ils s'enfuient en éructant. Mais à cette heure, ils nous paraissent si patauds. On les poursuit. Peut-être ont-ils peur ? Qui peut savoir si les animaux connaissent la peur. Je l'espère. L'ivresse de la chasse dure un moment tandis que le soleil décroit. Nous perdons en souplesse il va falloir bientôt attaquer. Voilà, le tabouret donne le signal en donnant un vigoureux coup de patte sur un des singes. Il tombe et je le rattrape. Je le coince avec mon dossier contre un arbre. Il se débat en vain. Quelque goutte de leur sève tombe sur moi, signe que le massacre a commencé au dessus. Elle est rouge comme mon bois. Elle pénètre mes vaisseaux et me soulage. Mon liber se repait, je bois. Mais je n'ouvre pas le mien, personne n'est encore venu me le disputer. J'ai le temps. Le repas durera jusqu'au soir. Puis nous nous immobiliserons. Les humains sont rassasiés et nous aussi. La nuit sera paisible et nous pourrons pleurer.


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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 20:24
Allez zou ! Pour me faire pardonner une autre petit suite de texte. De "La mer Blanche est d'azur." celle là. Heureusement que j'en ai en réserve.


   

Je la vis doublement et presque en même temps. D’abord la plus petite, figée sur la toile, caressant un ciel nuageux de peinture. Puis l’autre, la vraie, immense et bruyante qui scintillait sous un ciel d’azur. Plusieurs fois, mes yeux volèrent de l’une à l’autre. De la mer ronronnante qui envahissait mon regard, au tableau que j’avais devant moi et qui la représentait à la fois même et étonnement différente.

    Mon regard s’arrêta enfin sur la toile et je pu me rendre compte qu’elle avait un propriétaire. J’apprendrai plus tard qu’il s’appelait Ernesto. C’était un homme petit autant que j’en pu jugé pour mon âge. Il me paraissait également très vieux. Ce qui, il est vrai, n’est pas un avis très précis de la part d’un observateur de neuf ans. Il avait les cheveux blancs et un costume bleu gris. Tout en contemplant l’œuvre, Ernesto se disputait avec un curieux accent et avec un homme de son âge à probablement quelques vingtaines d’années près.

    J’ai oublié qui était son interlocuteur. Un de ses amis je crois. Ils se querellaient au sujet du nom à donner au tableau. Ernesto voulait l’appeler « Méditerranée sous un ciel d’azur. ». L’autre répondait que le ciel peint n’était pas d’azur. Il avait raison. Incontestablement. Le ciel sur la toile était cotonneux et tirait bien plus sur le gris que sur le bleu. Je ne participais pas à la conversation mais j’acquiesçais mentalement aux arguments de l’autre. Alors que je scrutais une fois de plus le tableau pour contempler l’éclatante vérité, je fus subitement intriguée. Le ciel demeurait nuageux mais de la mer émanait quelque chose qui me parut d’abord indéfinissable. La mer avait un reflet. Un reflet azuré. Je comprenais alors Ernesto. La mer du tableau était la même que celle qui s’étendait devant nous. Mêmes couleurs, même plage, et surtout même luminosité. Nul doute que sous un ciel couvert son aspect eu été tout autre.

    Et puis soudain, revenue à mes préoccupations enfantines , je laissais là les deux hommes et me précipitais vers la Grande Bleue bruissante pour mon premier bain marin.


    Ernesto m’apprendrait plus tard que le tableau en question avait été peint par son grand père qui avait désormais une petite notoriété. Il voulait le prêter à un musée. Comme le musée réclamait également le nom de l’œuvre et qu’elle n’en avait pas, il était résolu à en trouver une. Son grand père avait été un homme mystérieux. D’aucuns le disaient fou. Ernesto essayait de percer les mystères de cette toile. A notre première rencontre, cela faisait deux mois que lui et quelques-uns de ses amis débattaient. Bien évidement, presque tous ces mystères avaient échappé à mon œil d’enfant.



    J’ai revu il y a quelques jours ce tableau dans le musée. Un flot d’émotions et de souvenirs m’a submergé. Un peu comme ma première vague méditerranéenne. La toile s’appelait « La mer Blanche est d’azur. » Blanche ? Pourquoi blanche ? Un autre mystère.

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 17:38
Un petit exercice d'écriture :

Le début d'un roman qu'on ne connait pas (encore). Une suite à inventer en essayant de se fondre dans le style de l'auteur . Je crois bien que c'était encore un atelier d'écriture de Télérama.

Voici le début de "Quatre soldats" de Hubert Mingarelli et la suite que j'ai proposé. Volontairement je n'ai pas signalé la rupture. Saurez vous la retrouver ?

Quatre Soldats

Je suis de Dorovitsa dans la province de Viatka. Quand mes parents sont morts j'ai quitté Dorovitsa pour Kaliazine au bord du fleuve, et j'ai travaillé pour Ovanès. J'attelais les troncs à un cheval pour les transporter de la berge à la scierie. Je les arrimais à un treuil et les déposais sur la scie à ruban qu'Ovanès conduisait. Le soir je donnais l'avoine au cheval et lui étendais de la paille. Ovanès me louait une chambre au seize de la rue Svevo. Ma fenêtre donnait sur le fleuve. J'avais un lit et un tapis. J’avais aussi une malle appartenant autrefois à mon père. Cette malle contenait des affaires dont la plus précieuse m’apparaissait comme une paire de jumelles. Le soir, avant de me coucher, et le matin, avant de partir travailler, je regardais par la fenêtre de l’autre côté du fleuve avec les jumelles. Au bout de deux mois, je connaissais chaque passant qui avait l'habitude de se promener à ces heures sur la berge. Je m’étais attaché à certains d’entre eux qui m’étaient devenus familiers. Il y avait, en particulier, trois soldats, amis, qui venaient fréquemment le soir. Parfois jouant à jeter des cailloux dans le fleuve. Parfois déambulant au bras d’élégantes demoiselles. Je m’imaginais parmi eux, devenant leur compagnon et partageant leur camaraderie. Pour la première fois, je pensais que je n’étais pas libre. Ces soldats et leurs distractions étaient la liberté. Alors que je ne m’étais jamais posé de question sur ma vie, celle-ci me parut soudain vide. Même Dorovitsa, la ville de mon enfance, que je chérissais depuis toujours, me revenait en tête en un échos teinté de morosité et d’amertume. Et les souvenirs qui s’y attachaient avaient terni. Ce fut le premier signe que me fit ma liberté. Le deuxième signe fut sans doute quand un jour, en rangeant les jumelles dans la malle, une petite photographie que je n’avais encore jamais vue accrocha ma main et tomba au sol. Elle était vieille et jaunie. Elle représentait mon père, jeune, en uniforme de soldat. Ramassant l’icône et les jumelles, je sortis prestement de ma chambre. Claquant la porte, je fermais mon esprit sur ce que je laissais dernière moi. Dorovitsa, le seize de la rue Svevo et sa scierie. Et sa carne qui me regardait toujours de travers, cherchant une occasion pour me flanquer un méchant coup de sabot. Presque joyeusement, je franchis le pont. J’arrivais sur la rive des soldats, où je n’avais jamais mis les pieds. Ayant demandé mon chemin, je parvins rapidement à la caserne où je voulais m’engager. Je m’arrêtais devant, inquiet. Elle était grise et menaçante. J’examinais silencieusement les bâtisses massives et surtout les murs qui les entouraient. Ma liberté pouvait elle y résider ? Trois silhouettes que je reconnus passèrent à côté de moi et entrèrent dans la caserne. Sans penser plus avant, je leur emboîtai le pas

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 10:22
Comme promis voilà la suite et la fin...
Au passage, je remercie ma petite femme qui m'a bien aidé à alléger mon style de panzer et qui a travaillé avec moi à réduire les textes pour descendre sous la barre des 2000 mots.

4. Le collier de la Duchesse

Le capitaine Lyos cherchait une occupation pour dissiper ses sombres pensées. Depuis toujours au service du Duc de Parnes, il était accablé par son récent assassinat. La duchesse était alitée et faiblissait et, en l’absence d’héritier, ses terres et ses gens allaient revenir à son frère, homme vil et lâche que le capitaine soupçonnait d’être à l’origine du meurtre.

Notre brave soldat aurait aimé s’opposer à cette succession. Personne n’ignorait la perfidie du comte, seul bénéficiaire de cette assassinat. Mais comment le prouver ?

Tout en se reprochant sa lâcheté, il songeait à partir, pour s’éloigner au possible de cette écœurante affaire. Arrivé au port, il se joignit à un groupe de marins qui jouaient aux dés. L’un d’eux gagnait et les autres se retiraient peu à peu, après avoir perdu quelques jours de salaire. Très vite, le soldat, distrait par ses pensées, se retrouva à sec et son partenaire se fit menaçant. Le capitaine, retournant ses poches à la recherche d’une improbable pièce pour le payer, en retira un collier que la duchesse lui avait remis lorsqu’il était venu lui présenter ses condoléances. Elle le lui avait confié avec un air implorant puis l’avait congédié, sans lui laisser le temps de s’incliner devant le comte qui se tenait près d’elle.

Et voilà qu’il allait se dessaisir de l’objet pour payer de stupides dettes de jeu. Outre sa valeur affective, le collier valait au moins mille fois sa dette remarqua-t-il en examinant le bijou. Il aperçut un papier glissé dans le fermoir. Intrigué, il le retira, le déplia et lut : «  Sauvez mon enfant. » Blême, Lyos comprit que la duchesse n’avait trouvé que ce biais pour échapper à la surveillance du comte. De quel enfant parlait-elle ? Un fils illégitime n’aurait pas de raison de redouter le comte. La duchesse était-elle sur le point de donner un héritier au duc ? Un état de femme enceinte ne se remarque pas toujours sous les vêtements que porte une noble dame. Elle pouvait avoir dissimulé sa grossesse car elle n’arrivait jamais à terme. La rumeur disait que Dieu la punissait d’un grave péché. Sans doute pour ne pas prêter à nouveau le flanc aux racontars, elle avait caché son ventre rond. Cela expliquait sa faiblesse. L’enfant et elle étaient donc en danger.

Lyos parvint à se débarrasser du joueur avec une lettre de recommandation lui ouvrant les portes de la prestigieuse garde du duc et courut vers le palais.

 
 

5. Où une tragédienne assiste à une tragédie.

Bianca gagnait sa vie en déclamant chez les nobles gens des extraits de tragédie ancienne ou des poèmes élogieux. Talentueuse et spirituelle, elle avait ses entrées chez le Duc de Parnes.

L’assassinat de ce dernier la remplissait de tristesse car il était estimé de tous et amateur de théâtre. Bien qu’elle en eût un peu honte, les lois de l’estomac passent souvent avant celles du cœur, et elle avait l’intention d’aller consoler la veuve avec son art pour en retirer quelque revenu.

Bianca s’était fait annoncer chez la duchesse. Une foule de gens importants la précédait, aussi alla-t-elle flâner dans les couloirs du château. Elle s’amusait à regarder dans les pièces dont la porte était restée entrouverte. Dans l’une d’elle, une blanchisseuse versait le contenu d’une fiole sur un mouchoir. Le parfum devait être précieux car semblait ne pas vouloir le respirer de peur d’en ôter l’arôme. Elle fit tant de manières pour tenir l’étoffe éloignée d’elle qu’elle finit par la lâcher. Le ramassant de la même façon, elle ouvrit une porte au fond de la pièce et entra dans une alcôve. Des pleurs d’enfant s’en échappèrent. Se remémorant les lieux qu’elle avait parcourus , elle considéra que la dite pièce jouxtait la chambre de Madame la duchesse. La comédienne, piquée par la curiosité, voulut la suivre. A l’endroit où avait chu le tissu parfumé, elle marcha sur un objet mou. Une souris morte. En un éclair, Bianca comprit qu’en fait de parfum, il s’agissait de poison et que la duchesse était en danger. Elle se précipita dans l’alcôve. Hormis un couffin d’où sortaient des cris de bébé, la pièce était vide. Elle avisa une autre porte et se trouva bientôt dans une pièce richement décorée : la chambre de la duchesse. Stupéfaite, elle vit la blanchisseuse tendre à une femme alitée le mouchoir assassin. Elle hurla, et ce cri épouvanta les deux femmes qui portèrent leur main à la bouche. La servante amena ainsi à ses narines le mouchoir et tomba raide morte. La duchesse s’évanouit. Au même instant, entra un officier essoufflé. Lyos, puisque c’était lui, crut la duchesse morte et se précipita vers le nourrisson qui pleurait de plus belle. Bianca le vit aller et revenir portant l’héritier dans un drap. Lorsqu’il fut sorti, elle réalisa qu’elle venait d’assister à la tentative d’assassinat de la duchesse et à l’enlèvement du jeune duc. Elle courut donner l’alerte.



6. Ce qu'on trouve dans les confessionaux

Lyos, entra dans le village de Petit-Bois, village où il avait grandi et dont il connaissait le prêtre, et se dirigea au galop vers l’église. Il y pénétra mais ne s’y reposa pas, comme l’asile d’un lieu saint le permet aux fuyards. Il voulait mettre l’enfant en sécurité, puis repartir pour lancer ses poursuivants sur une fausse piste. Il reviendrait le chercher dès que possible pour porter l’affaire devant le roi. Il entra prestement dans la sacristie dans l’espoir légitime d’y croiser un abbé. En vain. Il faillit se résoudre à abandonner l’enfant ici tant il était urgent, pour sa vie même, qu’il reparte. Une bouteille de vin entamée au pied du confessionnal attira son attention. Il s’approcha et distingua de légers ronflements. S’attendant à trouver l’abbé, déjà scandalisé de le voir assoupi à cause de l’alcool, il écarta brutalement le rideau du confessionnal. Une odeur mêlée de vin et de peinture fraîche lui sauta aux narines. A la place de l’abbé, il trouva un homme, taché de peinture, qui s’éveillait péniblement sous l’effet de la lumière nouvellement parvenue jusque ses paupières. Lyos allait faire demi- tour quand il reconnu l’Aubépin. Enfants, ils avaient fait les quatre cents coups ensemble. Le capitaine s’était souvent demandé ce qu’était devenu son ami. Apparemment un peintre en bâtiment épris de boisson. Il n’avait pas le temps de s’en émouvoir. Il colla son fardeau dans les mains de l’homme stupéfait. « Aubépin, c’est moi, Lyos. Prends soin du bébé, je repasse le chercher tantôt. » Après quelques hésitations, il lui confia également le collier. Il s’empara de la bouteille qu’il enroula dans les draps de l’enfant et repartit rapidement redonner un gibier à la chasse qui était en cours.


L’Aubépin ne revit jamais Lyos. En brave homme, et par respect pour son ami qu’il savait mort, il s’occupa de l’enfant comme s’il était un de ses cinq fils. N’étant point sot, il compris l’affaire lorsqu’il compara le collier et les luxueux langes à la situation qui secouait le pays : la mort du duc et l’enlèvement de son fils. Il se saigna aux quatre veines pour lui donner la meilleure éducation. Car il le savait, c’est auprès du roi que l’enfant devrait aller réclamer son duché. Et si un paysan nanti d’un bébé n’avait aucune chance d’être reçu à la cour, un jeune homme bien éduqué et pourvu d’un bel esprit en aurait de meilleures.

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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 21:05
Les Ducs de Parnes 3


Une mort contre une vie  


   

Attablé à l’auberge « Au valet fou », un vieil homme sombre regardait deux duellistes, et réfléchissait au moyen de tirer profit de la situation. Une idée lui vint lorsque le plus ivre des deux blessa l’autre à mort et prit la fuite. Le blessé n’était autre que l’aubergiste. Ancien soldat, il s’était battu pour défendre l’honneur de son épouse qui pleurait à présent à chaudes en tenant son défunt mari.

Le vieux n’était autre que l’empoisonneur attitré du Duc de Parnes, qui venait d’être assassiné à l’église de Doucin. Libéré provisoirement de ses obligations, il avait un contrat avec le Comte de Loupin qui se voyait bien hériter du titre de son frère. Le duc étant sans enfant, il lui fallait empoisonner la duchesse.

Il était venu ici car la femme de l’aubergiste était blanchisseuse chez le duc. L’empoisonneur concevait les produits, et aimait en voir les résultats mais il considérait que les utiliser lui -même ne faisait pas partie de son métier. Par sécurité, il préférait déléguer cette tâche aux gens de peu. Cependant il répugnait à sortir de son mutisme coutumier car il cultivait une indispensable apparence inquiétante, fortement mise à mal lorsqu’il parlait : il était bègue.

Il marcha donc vers la veuve éplorée et se présenta en médecin. Après avoir examiné la blessure, il lui affirma qu’il pouvait le remettre sur pied. Sa main disparut dans une de ses amples marches et réapparut avec un fiole contenant un liquide violet.

« Voi voici un pa parfum que tu fe fferas respirer à Ma Madame la du duchesse. Mm mais garde toi de le ré respirer toi mmême. » Il lui mit la fiole dans les mains, mais elle restait interdite.

« Eh bien ! Dé Désires- tu que je ss sauve ton mari, ou non ? »

La jeune femme avait saisi le marché mais l’émotion qui lui dictait d’obéir combattait la raison qui lui intimait un refus. Elle ne savait rien de la médecine, mais elle savait reconnaître un homme mort.

« Mon mari n’est plus. » Pour toute réponse, le vieux bègue sortit une autre fiole de sa manche et glissa son contenu entre les lèvres du trépassé qui eut des convulsions. La lavandière en fut si impressionnée qu’elle crut son mari revenu à la vie. L’empoisonneur, sûr de son effet, conclut :

« Mm maintenant, si vous tenez à vvotre mari, laissez moi faire et allez-y. »

La veuve cacha alors la fiole dans son corsage et sortit. Il attendit quelques minutes, puis partit, laissant le mort derrière lui.

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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 19:43
Devant l'afflux des demandes (700 000 à un petit million près). Voici les suite des Ducs de Parnes.
Je vais même faire un effort de présentation.

Les Ducs de Parnes 2


Où la sorcière reçoit ses gages.

   

    

    

Dans cette opération, c’était échapper aux inquisiteurs qui avait été le plus amusant. Le prêtre était tombé dans le piège sans problème et l’Inquisition qui ne demandait pas mieux que de traquer les suppôts de Satan, avait répondu positivement à sa lettre de dénonciation. Bien sûr, son petit rôle de sorcière aurait pu lui coûter la vie, mais la jeune femme n’en était pas à sa première aventure et elle savait manier les hommes, surtout quand ils étaient pétris de puritanisme. Ainsi n’avait-elle pas résisté quand ils s’étaient précipités sur elle. Elle leur avait ouvert les bras en criant : « Prenez- moi ! »


Comme prévu, leur élan en fut brisé net. Aucun d’entre eux ne voulait se fourvoyer avec une sorcière. Nue de surcroît, c’est une affaire à rôtir en enfer. Elle avança donc d’une démarche aussi chaloupée qu’il  est possible dans un marais vers ces hommes terrifiés qui reculaient devant son assurance. Elle passa calmement à côté d’eux ; le temps qu’ils recouvrent leurs esprits, elle avait rejoint l’entrée du tunnel par lequel elle était venue, et avait donc disparu à leurs yeux, subterfuge qui n’allait pas arranger les affaires du prêtre.

Elle suivit un moment le passage souterrain à tâtons, jusqu’à la malle dans laquelle elle avait laissé ses vêtements qu’elle enfila, avant d’allumer une torche accrochée au-dessus d’elle. Elle s’enfonça ensuite dans les couloirs. Après avoir bifurqué à plusieurs endroits, elle arriva directement dans les catacombes de Douclemont.

Après quelques minutes, elle distingua une lueur provenant d’une autre torche. Lorsqu’elle fut certaine qu’il s’agissait bien de son employeur, un homme sale et trapu, elle lui lança : « C’est fait, notre homme sera sur le bûcher avant la fin de la semaine ».

« Du moment qu’il n’est pas dans son église dans deux jours. » Il lui lança une bourse bien remplie. « Voici la somme, si t’en veux encore, tu sais où m’ trouver, y a du travail en ce moment ». Il disparut dans un couloir.

Elle savait en effet où le trouver. Il était marin et flânait toujours sur les quais. Il était employé par le comte de Loupin- frère du Duc de Parnes- un homme riche qui le payait grassement pour faire de sales besognes. En cas de danger, il pouvait se faire embaucher sur un navire et mettre les voiles. Et si le comte avait fait disparaître le prêtre, notoirement le meilleur agent du Duc, il y aurait probablement bientôt un nouveau duc.

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31 août 2006 4 31 /08 /août /2006 00:11

Pour commencer  le premier épisode d'une nouvelle proposée dans un atelier d'écriture de Télérama il y a quelques années. Il s'agissait d'un texte de 2000 signes avec des mots imposés. J'ai oublié lesquels et biensur je ne les ai pas noté (paresse quand tu me tiens !). Le tout devait imiter le style de Dumas.

 

Les ducs de Parnes


1 Ce qu'un abbé trouva dans les marais


« Peste soit de ce fichu métier ! » L’homme qui jurait ainsi était un drôle d’olibrius du nom de Vifron. Grand, sec, jeune, cheveux filasses et noirs, il pataugeait rageusement dans les marais de Flévoir.

Il était bien tard pour s’activer dans un tel lieu. De surcroît, sa robe de prêtre l’incommodait grandement.

Il avait endossé la soutane voilà quelques années, au monastère de Doucin, placé là par le Duc de Parnes pour lequel il espionnait. Ce dernier aimait fort avoir des hommes à lui disséminés dans son duché.

D’une paresse peu commune, notre hère pensait avoir trouvé là un moyen reposant de gagner sa vie. Il n’avait pas son pareil pour paraître occupé. Il faisait en tout et pour tout un rapport par mois dans lequel il ne racontait rien hormis diverses fables fort bien contées, mais invérifiables. En retour, il avait obtenu du duc que ses supérieurs de clergé ne l’afflige d’aucune corvée.

Et voilà qu’il avait reçu une lettre portant le sceau du duc et qui lui ordonnait de rencontrer un agent à minuit dans le marais de Flévoir. Ne pouvant se dérober à cette obligation, notre homme s’y rendit donc. Il sursauta lorsqu’une jeune femme nue sortit de la pénombre et se mit à danser. Il crut avoir franchi par mégarde quelque porte des enfers. Elle avança vers lui pareille à un démon tentateur, se déhanchant lentement, malgré la boue. Vifron restait bouche bée, ensorcelé. Lentement, il sortit de sa torpeur. C’était à coup sûr l’agent qu’il devait rencontrer. Mais pourquoi était-elle nue et pourquoi dansait-elle ? Il y réfléchirait plus tard. C’était incongru, certes, mais pas plus que d’être en bure après tout.

« N’avez -vous point un message pour moi ? » En guise de réponse, elle prit entre ses seins un petit pendentif, l’ouvrit et en sortit un minuscule papier qu’elle lui tendit.

« Lisez à voix haute et sonore. » roucoula-t-elle. Intrigué et pressé de connaître le fin mot de l’histoire, il s’exécuta donc, portant la lettre à la lueur de sa torche. Sa voix résonna lugubrement dans les marais.

« Par la volonté des forces des ténèbres, je jure fidélité à Satan, je … Qu’est-ce que ? »

Au même moment, des ombres ténébreuses surgirent des alentours et hurlèrent : « Hérésie ! Sorcellerie ! Au bûcher les suppôts de Satan ! » Horrifié, Vifron réalisa qu’il avait été piégé. Il n’eut pas le temps d’en comprendre davantage. Déjà s’abattait sur lui la masse des ombres furieuses.

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