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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 17:37

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 10:52

http://boardgame.fr/BG-bandeau-haut-G.jpg

 

Comme son nom ne l'indique pas, Boardgame est un site français, sur des jeux numériques.

Enfin, plus précisément, sur des jeux de société, en version numérique. A partir de là, je m'y perds car ils sont mordus de jeux sur téléphone portable et tablette, qui, je crois sont des téléphones portables, en plus grands et à partir desquels on ne peut pas téléphoner. Personnellement, j'ai essayé de jouer avec mon téléphone, mais à part une mélodie assez pauvre à base de "Tut !" ou un coup dans les lunettes quand j'ai essayé la version bilboquet, je n'en ai rien tiré.

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRl29KraKlJxBItCBh2IraPMp-o2GcoX1s1svQBepWdpTg9hU5OQA

Mon téléphone portable, c'est le même en blanc sale.

 

Eux sont plus doués car ils réussissent à jouer à pas mal de jeux sans se blesser  : Timeline, Dominion, Caylus... et même The Blue Lion ! 

 

http://boardgame.fr/thebluelion-ipad.jpg

The Blue Lion sur téléphone, c'est classe et en plus ça rime.

Comment ? The Blue Lion ? Et Oui  The blue lion sort en support numérique. Plus jamais vous n'aurez d'excuse pour vous ennuyer dans la salle d'attente de votre médecin. Il est adapté par Stéphane Maurel le ludonuméricopathe, toujours illustré par Cyril Bouquet,  el maesto, et l'IA est supervisée par Bruno cathala, the brain. Et Timothée Leroy veille à ce que tout se passe bien, offrant des chaussures en fonte des acieries de PAM et une promenade sous la Moselle à tous ceux qui s'opposent au projet.

http://image.jeuxvideo.com/images/x3/l/e/lepax3001.jpg

Au centre, Timothée. Au second plan Jalhal et Cyril. A l'arrière plan, Bruno et moi, rasés.

 


 Donc si vous aimez les jeux de société et si vous faites partie des 95% de francophones qui connaissent le langage des i-trucs et des smart-bidules, Boardgame est fait pour vous. Il y a des infos à la pelle, des concours et des interviews.

Pis en plus, quoique technophiles, ils sont sympas.

http://boardgame.fr/news/news-0402.jpg

Tu l'as vue ma belle interview ?

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 10:00

Comment ???

 

Un festival ludique dans les Ardennes ???

 

Alors pardon ! Ca c'est un événement ! C'est autre chose que la dernière sortie à la maternité de la Muette.

 

C'est une première mondiale ! Allez tous les Ardennais il faut soutenir car du succès de ce premier festival dépendra sa reconduite.

 

C'est dimanche 30 octobre 2011 à Chateau Porcien.

 

Et le lion bleu y sera.

 

Pour tout savoir.

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 19:31

Tric Trac, c'est le site de référence des mordus de jeux de société français, voire francophones.

 

C'est le cuve où se brasse la culture ludique.

 

C'est le bistrot ou se rencontrent les fondus de la res ludica.

 

Il y avait ,sur tric Trac,  une fiche sur "The Blue Lion", écrite par la main habile du Dr Mops.

 

Figurez-vous que depuis aujourd'hui, vous pouvez y visionner, non pas une mais deux video sur le jeu des cambrioleurs.

 

Avec en cadeau un affrontement dantesque entre le magnifiquement bien roulé M. Phal qui se coule à merveille dans la robe sulfureuse de Lady x, et l'élégant Timothée Leroy qui endosse avec naturel le costume d'Arsène. Ca vaut le coup d'oeil.

 

La video de l'explication des règles

 

La video du match Phal x / Arsène Leroy

 

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 18:29

Imaginez :

 

vous êtes un voleur, aussi  habile qu'élégant. Vous rêvez de vous emparer du Blue Lion, joyau d'une collection de magnifiques diamants bleus, exposés au Louvre. 

 

http://trictrac.net/jeux/centre/imagerie/photos/15726_1.jpg

 

Il va falloir être rusé pour accomplir votre forfait car, évidemment, la police attend votre visite.

http://www.jedisjeux.net/img/800/the-blue-lion-49-1311532065.jpg

 

Et en plus, une ombre fugace apparait, de temps à autres, aux détours des couloirs. Quelque chose vous dit que vous n'êtes pas seul à convoiter le Blue Lion.

http://trictrac.net/jeux/centre/imagerie/photos/15725_1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"The Blue Lion", est un jeu pour 2 fllous doués d'astuce et de mémoire, à partir de 8 ans. Il n'est pas sans rappeler le jeu des gobelets. 

 

Ce n'est pas mon premier jeu, mais c'est le premier que sera édité (fin octobre 2011 à Essen et Chateau Porcien et dès novembre dans les boutiques spécialisées).

 

Edité chez l'élégante maison Jactalea et créé en collaboration avec le grand Bruno Cathala, lllustré par la future star Cyril Bouquet.

 

Et oui !

 

 

Pour la petite histoire :

 

Ce jeu est né sur le fauteuil de mon canapé, alors que je m'essorai le cerveau pour concevoir un objet pour le marché de noël de l'école.

Le cahier des charges était âpre :

- très très peu de matériel, et uniquement du basique.

- fabrication par des enfants de 7/ 8 ans

- jouable par des enfants de 7 / 8 ans mais aussi intéressant pour leurs parents.

- Et surtout beaucoup plus pertinent qu'un jeu de l'oie ou de petits chevaux.

 

La contrainte du matériel m'a poussé à explorer une voie nouvelle (à ma connaissance) : l'utilisation du recto et du verso, indifféremment, d'une carte pour jouer. Ca a donné "Princesse Dragons et Chevaliers", un jeu de seulement 4 cartes, simple mais subtil, avec une bonne dose de réflexion. Les enfants ont adoré. Et en avant pour le marché de noël !

 

Mais je n'en avais pas fini avec ce jeu. J'étais convaincu qu'il avait un potentiel intéressant quoique qu'il fut très déséquilibré.

Je l'ai retravaillé, et bientôt naissait "Princesse à croquer", délicieusement illustré par Camille Herman.

 

Je l'emmenai partout, dans une poche de pantalon ou de chemise.( Beaucoup de protos finirent noyés dans la machine à lavé, mais ils étaient facile à refaire. Il sucita l'intérêt de pas mal de monde dans le milieu ludique et je reçu moults conseils et idées pour le faire éditer (merci). Cependant il apparaissait  qu'en l'état, il n'était pas éditable. Trop peu de matériel, et encore trop déséquilibré.

 

Quatre cartes ce n'est pas éditable, mais avec du beau matériel, peut-être... Je reçus donc plusieurs fois le conseil d'aller toquer à la porte de Jactalea, le spécialiste du jeu de réflexion de belle facture.

Ce que je fis. Timothée Leroy fut tout de suite intéressé, à ma grande joie (quoique je gardai la tête froide, un éditeur intéressé n'est pas forcément sur le point de s'engager). Après des tests, il me dit qu'il y avait quelque chose à faire mais que le jeu n'était tout simplement pas fini. Il me proposa de solliciter  Bruno Cathala pour voir s'il avait envie de travailler dessus.

 

Bruno Cathala... une des légendes du jeu de société français...  On dit même que certain ludophiles assidus lui vouent un culte et lui offrent des sacrifices. Le temps de prononcer son nom, il a déjà créé 3 jeux. Certains créateurs auraient tué pour être à ma place (je surveille encore mes arrières quand je vais dans un festival ludique).

 

Bref Bruno, accroche au jeu (youpi !), et quoique surbooké, parvient à me proposer une nouvelle version en 24 heures (pas sur qu'il dorme la nuit). Me voilà, alors que j'étais bloqué depuis des mois, avec un nouveau jeu, nettement plus fluide, et équilibré, un peu sur le modèle poule renard vipère mais avec 4 personnages (2 par joueurs) et un système de score, auquel je n'adhérai pas tout de suite, mais qui se révéla nécessaire pour l'équilibre du jeu. A partir de là, moult tests, échanges de courriels et de tel, redesquilibrage uniquement conceptuel(voui parce que le déséquilibre, c'est ma touche perso). Ce fut un régal de travailler avec Bruno et Timothée, à la fois accessibles, pros, efficaces, et sympas.

 

Pour l'illustration, j'aurai aimé continuer à travailler avec Camille, mais Cyril Bouquet lui fut préféré. Il fit un travail remarquable, réussisant à créer l'ambiance qui collait admirablement au jeu.

 

Et voilà le travail :

 

http://img.over-blog.com/250x249/4/03/81/94/Le-Telex-Spherique/2011-2012/THE-BLUE-LION-Cover.jpg

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 10:38

Entre les murs est le chapitre 3 de La Geste de Palater. Pour découvrir le reste de l'histoire, cliquez sur "sommaire"

 

Sommaire

 

3 Entre les murs

 

        Quelle puanteur !

 

        Palater se tenait face au dragon . Celui-ci le considéra, intrigué. Puis, nonchalamment le goba.

Dans le ventre de la bête, le jeune héros se débattit contre les parois qui le serraient de plus en fort en  émettant des CLING métalliques. En vain.

 Il hurla et se prit, dans les côtes, un coup de coude furibard de son voisin de gauche.

“C'est déjà pas le confort ici. Mais agrémenté d'un casse pied pareil, c'est plus possible !”

Palater ouvrit les yeux. Il était en prison. Le rêve avait été si intense qu'il s'était saucissonné tout seul à ses chaînes en cherchant à se défendre contre le chaleureux dragon.*1

        Ses voisins étaient attachés à lui *2. Ils l'aidèrent à se dépétrer pour récupérer un peu de chaine. Il les regarda oeuvrer, guettant une lueur de bienveillance dans leurs yeux mais il n'y avait que la flamèche froide du sens pratique.

 

“Alors, qu'est c't'as fait mon gars ? Demanda une voix dans la pénombre.

Palater se demanda comment expliquer sa situation.

Inspiré par la simplicité des lieux, il résuma :

“J'ai forcé la porte de la chambre de la princesse, j'ai assommé sa camériste et j'ai sali sa robe.”

Un sifflement d'hommes aguerris mais impressionnés accueillit sa réponse. Des chuchotements se firent entendre dans toute la pièce.

A mesure qu'il avait parlé, Palater avait senti les mots se solidifier et tomber lourdement sur le plateau de la balance judiciaire.

“Non, se dit-il, je n'ai pas fait ça ?”

Une voix grisonnante le cueillit dans son champ de stupeur.

“Bonhomme, on a tous fait des choses pas très nettes qui nous ont amené là.

Tiens, celui-là – Une main que Palater ne vit pas se leva dans un cliquetis de chaînes et dans une direction*3 que Palater ne vit pas d'avantage. - Il a volé un boeuf.

Lui, là -cliquetis, mais Palater ne vit toujours rien. - il a volé l'argent de la crémière ainsi que le beurre, et autre chose, d'après son mari.

Et celui là-cliclaclic cling -, il a fait une omelette sans casser d'oeuf. Ca ne se fait pas.

L'autre jour, on en avait un qui avait dit à un garde dans l'exercice de ses fonctions “ Sulfia*5, je te vois !”. -Un frisson d'horreur général cling-clinga dans la cellule.- Celui-là, il est pas resté longtemps. Le bourreau est arrivé avant les juges.

   - Evidemment, pensa Palater à haute voix, les juges ne marchent pas très vite avec leur robe. 

   - Mais ce que tu as fait toi, c'est... Tu es sûr que tu as fait ça ? 

   - Ben oui... 

   - Peut-être que tu as été poussé par … chépaquoi ? 

   - Ben … ? 

   - Tu as entendu des voix dans ta tête, c'est ça ?

    - Des voix ? 

   - Ouais, t'sais. Des genres de démons qui te diraient ce que tu dois faire. Pis si tu l'fais, t'as une récompense. 

   - Oh ! Heu... non. 

   - Ca expliquerait des choses, t'sais. 

   - Ben oui, mais là non... C'est juste... je voulais, je croyais... la sauver

   - La sauver ?


        Palater expliqua tout. Comment il avait été réquisitionné pour le nettoyage de la grande salle alors que d'habitude il était le VCASD*6 du mage Malaman. Comment il avait pris la camériste pour une sorcière à cause de son accoutrement et des potions louches qu'elle transportait. - La camériste, en effet devait consacrer tout son talent à la princesse, et ne devait surtout pas lui faire d'ombre. Elle se maquillait pour s'enlaidir et se maquillait avec une absence de goût experte.- Il décrit aussi comment il avait aspergé la princesse d'eau sale et assommé sa camériste.

 

   - Ben mon cochon, reprit une voix qu'il n'avait pas encore entendue, tu t'es mis dans l'embarras. Mais pourquoi donc que t'as fait ça ?

   - Heu ça m'a paru...

   - Tu serais pas amoureux de la princesse par hasard ?

   - Hein heu quoi ?

   - Tu sais que ta princesse va se marier ?

   - Quoi !

   - On commence les fiançailles ce soir !

   - Mais … Quoi !


           La salle s'exclaffa.

        Palater était fébrile. Il ne prétait pas attention aux moqueries. C'était donc ça tout cette agitation dans le chateau ! Ombre allait se marier. Enfin !

Il soupira d'extase. Ils allaient être heureux tous les deux jusqu'à la fin de leur jour et avoir beaucoup d'enfants.

 

 

*1 Petite allitération en s et ch qui rappelle les sifflement et chuintements du dragon. Mais vous l'aviez vu, hein ?

*2 Physiquement, pas affectueusement.

*3 C'est un zeugma. *4

*4 C'est vraiment sympa comme figure de style. C'est pas difficile à faire et ça fait cultivé. Je vous en referai d'autres.

*5 Sulfia, le nom de la reine. Une bien gentille reine, tout le monde s'accorde à le dire à haute voix.

*6 VCASD : Valet Coursier Apprenti Souffre Douleur

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 07:33

In nomine G.O. est le chapitre 2 de LA geste de Palater. Pour rejoindre le reste de l'histoire, cliquez sur "sommaire"

 

Sommaire

 

2 In Nomine G.O.

 

 

          Dans chaque univers, il existe une organisation démoniaque qui cherche à dominer le monde des mortels pour y mettre le chaos*. C'est indispensable à l'équilibre des univers, sans qu'on sache trop pourquoi. En effet, personne n'a jamais réussi à questionner l'entité capable d'expliquer le phénomène.

 

Enfin c'est comme ça.

 

           Dans chaque univers, les démons connaissent des succès et des déconvenues différents selon leur stratégie.

 

        Dans l'univers qui nous intéresse**, Le démon en chef, Goremblazenflucklichruck Orenpadifrenzzlikrack, que vous pouvez appeler G.O., car il est assez coulant avec les mortels et de toute façon, il ne peut rien contre les mortels d'un autre univers. G.O., donc, a une idée assez précise d'une gestion gagnante des affaires démoniaques.

 

           Au lieu de mettre un vice dans chaque démon, comme l'aurait fait n'importe quel diable, il en avait mis deux. Chaque vice pouvant resservir. Il y avait par exemple Franzaeck, le démon de l'avarice et de la guerre, spécialiste des batailles à peu de frais, Memkrivzg, le démon de l'avarice et de la gourmandise, le patron d'un certain nombre d'erzatz gastronomiques peu recommandables, Rrrrrashidatttti démone de la luxure et de l'ambition, à l'origine de nombreuses vocations politiques, Etc, le démon de la paresse et du tarissement des idées, etc...

Il avait ainsi réussi à créer une armée démoniaque impressionnante, innombrable*** dont chaque membre était plus occupé à marcher sur les plates-bandes des autres qu'à lui obéir – sauf les démons de l'obéissance aveugle.

 

           La situation aurait été seulement difficilement gérable s'il n'avait pas écouté les conseils de Mooooograbsat le démon de la soif de puissance et de l'obstination.

 

           Il avait inventé des vices alambiqués et pinailleurs. Il se retrouvait maintenant avec quantité de démons futiles et encombrants tels que Rff, le démon des poussières cachées et des injures à son dentiste ou Brrt, démon des arnaqueurs en équipement écologique et des rires sadiques dans des moments cruels.

 

           Pour mettre en ordre cette immense usine à gaz, G.O. avait pris le bouc par les cornes. Il fixait régulièrement à chaque démon des objectifs à atteindre, avec à la clef des primes et des sanctions. Tout cela était régulé au cours d'un entretien en tête à tête sérieux et nécessairement productif.

           Ainsi, avec sa seule et colossale volonté, il avait transformé l'armée infernale en administration formidablement perverse et incroyablement inerte. ****

 

Et lui maintenant était littéralement en enfer.

 

* Du moins c'est valable pour les univers ou règne la logique. Là où ce qui est est , et ce qui n'est pas n'est pas.

Dans les autres univers, vous pouvez par exemple jouer au golf sur le crâne de votre meilleur ami avec des balles plates tandis qu'elles se distraient en taillant les armoires d'un dinosaure bientôt né.

C'est suffisamment confus pour que personne n'ait l'idée d'y ajouter des démons pour y mettre le chaos.

 

** Si vous lisez, c'est que ça vous intéresse, alors hein.

*** En fait, elle était théoriquement dénombrable, mais Raaazzzzzzrrr, démon de la paresse et de l'impatience, veillait à ce qu'elle ne le soit pas dans la pratique.

 

       **** on y envoie en stage les agents d'assurance chargés de la gestion des dossiers de

       remboursement.

 

  La suite: Entre les murs

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 20:41

Princesse en péril est le premier chapitre de La geste de Palater. Pour rejoindre le reste de l'histoire, cliquez sur sommaire.

 

Sommaire

 

 

 

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1. Princesse en péril

 

princesse-qui-crie-titre.jpg

 

 

          Palater, la main droite crispée sur son arme, grimpait l’escalier d’un pas qu’il espérait leste, rapide, discret et prudent. Son fardeau qu’il tenait de la main gauche, clapotant en cadence, la rendait pourtant bien chaotique. Il ne le sentait pas tant son esprit était troublé par le danger.

Sa tête tournait à cause de ce fichu escalier. Les gens qui batissent les escaliers en colimaçon ne pensent à ceux qui vont devoir les grimper à toute allure.

Ce n’était pas du danger que Palater avait peur. D’ailleurs Palater n’avait pas peur. Et même Palater n’avait jamais peur. S’il frissonnait, c’était à cause de l’air provenant des meurtrières perçant çà et là le mur, qui lui glaçait les os. Surtout ceux des jambes car elles étaient trempées.

Il arriva au premier et ultime étage et s’arrêta devant l’unique porte qui s’y dressait. Le sang lui battait les tempes. Il prêta brièvement l’oreille et ce qu’il y entendit de l’autre côté de la porte confirma ses craintes :

« Maintenant CHTOUF Princesse CHTOUF il CHTOUF me CHTOUF faut vous CHTOUF tuer. »

« Maintenant Princesse, il me faut vous tuer. » traduisit aussitôt Palater qui flairait le danger comme personne *.

 

* Comme personne heureusement, car il n’avait pas pensé que le CHTOUF-bruit du sang dans les tempes- pu être remplacé par autre chose que du vide. Ca aurait pu donner :

Maintenant écoutez Princesse ! Mettez-y le fond de votre âme. Votre discours est faux, vous devez ponctuer. (Conseil agacé du Maitre de Diction)

Maintenant de la souplesse Princesse ! Le crocodile énorme en porte-à-faux Vous l’avez effectué ! (Consignes enthousiastes du Maitre de Gymnastique)

Maintenant clignez Princesse. Vos cils sont sublimes. Il faut vous habituer. (bavardages admiratifs de la camériste)

Et encore d’autres possibilités, ou le danger n’était pas flagrant.

 

          Le sang de Palater ne fit qu’un tour –de ses tempes à ses tempes. Il envoya valser la porte d’un coup de pied et se rua dans la chambre de la princesse. D’un coup d’oeil, il avisa celle-ci – dans une somptueuse toilette, eu-t-il le réflexe de remarquer- en larmes, et face à elle, une vieille femme brandissant une fiole contenant un liquide jaunâtre. Palater vit que la sorcière allait empoisonner sa chère Ombre – Dans ses pensées uniquement, Palater appelait la princesse par son prénom. La rage l’envahit. Il se précipita sur la mégère, lâcha son fardeau pour saisir son arme à deux mains et l’abattit de toutes ses forces sur sa tête.

SPLASH..........CRACK ! ! !

Le manche à balais explosa sur la tête de la pauvre vielle qui resta debout une seconde avant de s’effondrer. Le sang bouillonnait dans les veines et dans les tempes de Palater. En grognant, il roua de coups de pied la masse inerte. Comment osait-elle s’en prendre à son Ombre ? Eusse-il s’agit du diable en personne, Palater ne l’eu pas haït d’avantage et ne se serait pas battu avec plus d’énergie. Ah on voulait tuer la princesse ! PAF ! On voulait s’en prendre au sel de sa vie ! POUF ! On voulait fouler du pied la plus délicate des fleurs ! REPAF !On voulait assassiner Ombre ! Ombre ! Ombre... PAF PAF PAF PAF

Ombre criait.

Le sang du jeune amoureux se figea.

« Aaaaaaarggh ! Ma robe ! Ma camériste ! A l’assassin ! A la gaaaaaarde ! »

Ce dernier mot, la princesse l’avait hurlé d’une façon si stridente qu’elle avait du alerté tout le château.

Palater fut contraint de protéger ses oreilles de ses mains. Elle le regardait, furieuse. A l’assassiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin ! explosa-t-elle à nouveau, atteignant un degré supplémentaire sur l ‘échelle du brise-tympan catégorie « très aigu ».

Palater se sentait dans l’état du défenseur de la veuve et de l’orphelin lorsqu’il se fait gifler par la veuve et mordre par l’orphelin.

 

princesse-qui-crie.jpg

 

          Sa figure se décomposa et il attendit l’ouragan qui ne manquerait pas de suivre la sirène. Les colères de la princesse étaient en effet célèbres dans tous les royaumes de l’Alliance. Très stéréotypées, elles se composaient toujours d’une série de hurlements atteignant rapidement les ultrasons et capables de briser tous les cristaux sur deux lieux à la ronde*, suivie d’une fureur dévastant une zone longue, large et même haute de vingt pieds**.

 

*Il n’y avait d’ailleurs plus un seul cristal dans le royaume depuis la naissance de la princesse Ombre. Cette carence était connue dans toutes les autres contrées. Par conséquent, lorsqu’un ambassadeur étranger venait au château, il apportait toujours un magnifique présent de cristal qui explosait généralement aux portes du château. On avait pris l’habitude qu’un ambassadeur s’annonçait toujours par un mélodieux bruit de cristal brisé. On était même devenu capable de deviner la provenance de l’émissaire, selon la qualité des cristaux.

 

** Concrètement, cela consistait à ce qui peut-être porté, ôté, soulevé, décroché, enlevé, arraché, dessoclé, l’était sur vingt pieds et était projeté sur la personne sujette à l’ire de la princesse.

 

          La princesse hurla plusieurs fois et de plus en plus aigu. Palater comprima plus fort ses oreilles et, à défaut de pouvoir disparaître se ramassa en position fœtale. Tout à coup, le silence revint. C’était la période la plus angoissante. Le calme avant l'ouragan. Il se releva. Il valait mieux affronter la suite debout, alerte. Il plaça ses mains devant lui pour parer à d’éventuels projectiles. Il fixa la princesse pour tenter d’anticiper ses mouvements. Pour l’instant, elle bougeait à peine. Seule sa mâchoire s’ouvrait périodiquement. Sur son joli minois rougi par la colère, on pouvait voir qu’elle continuait à hurler. Mais aucun son ne sortait. Dans le silence oppressant de la chambre, Palater nota juste quelques bruits anodins. En bas, les gémissements de la camériste qui revenait à elle. Par la porte restée ouverte, les pas précipités de la garde dans l’escalier. Dehors, le vol de chauve-souris fuyant vers un ciel fortement azuré. Au loin, un cristal se brisa. « Tiens, un ambassadeur de Patchouanie. » remarqua Palater avec un calme étonnant. Une série de chocs mous marqua l’écrasement régulier de chauve souris contre les murs du château. Enfin, les cris inaudibles de la princesse s’arrêtèrent et firent place à un halètement cerbérien. « Elle reprend son souffle. », pensa plaintivement le jeune homme. Les mains de la demoiselle se crispèrent comme si elle s’apprêtait à l’étrangler.

A ce moment, trois gardes arrivèrent sur le pallier et s’arrêtèrent, plus effrayés que s’ils étaient venu chatouiller le nez d’un dragon allergique. Lentement, très lentement, la princesse se baissa. Alors seulement Palater fut frappé par l’ampleur du désastre. Sa magnifique toilette était trempée. De l’eau sale. Il déglutit péniblement, Le seau renversé à ses pieds. Etait celui dont il se servait pour nettoyer le sol crasseux de la grande salle et que, dans sa précipitation, il avait emmené avait lui dans la tour. Le seau qui était à demi plein -Palater était un optimiste- lorsqu’il était arrivé en haut et qu’il avait jeté en se ruant dans la pièce. La princesse était trempée ainsi que le lit et une partie de ses affaires. Mais pour cela, il ne s’inquiétait pas. Tout serait bientôt détruit. Il faillit s’excuser, se retint à temps. Il ne fallait pas. Surtout ne rien dire.

Lentement, très lentement, la princesse se saisit de l’objet du délit. « Ce sera le seau pour commencer. » nota calmement le jeune homme.

Existe-t-il un geste idéal pour envoyer un seau à bout portant ?

C’est cet instant que choisit le soldat Bianne pour entrer. Sans égard pour le protocole, il trébucha et s’affala de tout son long. Bianne était une jeune recrue pas vraiment impulsive ni courageuse. Mais il était très obéissant vis à vis de ses supérieurs, en particulier lorsque le sergent Trèfle lui donnait une mission d’observation et un coup de pied au cul en guise de baume au cœur. Ombre, les yeux écarquillés de rage tourna brusquement son regard foudroyant vers lui. Palater, dans une parfaite immobilité, vit le seau vrombir à quelques pouces de lui en direction du soldat. Le projectile alla s’écraser sur la tête du malheureux qui n’avait pas encore eu son baptême du feu. Le seau fut suivi de deux escarpins roses fraîchement portés et trempés d’eau sale. Aussitôt après s’envolèrent les deux morceaux brisés du balais –celui de Palater. Il percuta le soldat avant même que le jeune valet ne se rendit compte que la princesse les lui avait arrachés des mains.

Le soldat profita d’un répit inespéré lorsque la jeune fille s’attaqua au lit. Il reçu quelques coussins et un édredon éventré. Les plumes volaient en abondance. La furie royale soulevait déjà le premier de ces cinq matelas. Celui ci tournoya* bientôt vers l’homme, le manqua et explosa l’édredon. De nouvelles plumes en giclèrent et se mêlèrent à la danse des autres.


* Faire tournoyer un matelas est une activité difficile mais pas impossible. Preuve en est que le lancer-tournoyer fait partie des cinq épreuves du TBBRA – Tournois des Barbares Brutaux des Royaumes de l’Alliance. Pour votre culture personnelle, les quatre autres sont : l’abattage d’arbres à coup de tête, le combat contre un ours les yeux bandés, la chevauchée de taureau furieux les mains liées dans le dos et le gobage de crème caramélisée sauce arrabiata.

 

          Bien vite, Palater ne vit rien d’autre que le nuage de plumes si agité par la colère d’Ombre qu’on se serait cru au milieu d’un blizzard. Il entendit les quatre autres matelas s’écraser non loin de lui. Il regretta de ne pas les voir. Ceux ci scintillaient de couleurs différentes. Ils avaient été conçus spécialement pour que la princesse aie l’impression de dormir sur un arc en ciel et que ses rêves se teintent joyeusement. L’envol des matelas promettait donc d’être un spectacle unique et somptueux. Malheureusement, comme souvent dans ce genre de cas, le ciel était couvert et le spectacle gâché.

Plusieurs craquements rageurs et boisés firent sursauter le jeune valet. Apparemment, le sommier allait être mis à contribution. Des débris de bois rare et parfumés froufroutèrent dans l’air duveteux et atterrirent dans un bruit différent selon qu’ils rebondissaient sur le sol, le matelas ou le garde. Rapidement, la cacophonie s’amplifia. Palater ne sut plus reconnaître ce qui était jeté. Il supputa que les bougeoirs et les malles avaient aussi transitoirement appris à voler.

L'orage passé, le calme revint sur la chambre. Palater se sentait comme un condamné à mort qui apprend sa grâce sur l'échafaud : Immensément et éperdument soulagé. L'envie de dire merci au monde entier.

Le nuage de plumes s'éclaircit peu à peu. Les blancs flocons retombaient paisiblement. La princesse était debout face à lui. Divinement belle. Les plumes immaculées se déposaient sur des exquises épaules que la robe ne cachait pas et sur sa chevelure d'un blond très bouclé. On aurait dit un ange. Palater sourit béatement, et bêtement.

Sonore et douloureuse fut la gifle qui le sorti de son état de grâce. Il porta sa main à sa joue, surpris. Il lui avait tout de même sauvé la vie ! Elle le clouait du regard. : « J'attends une explication. » glapit-elle prête à redevenir tornade. « Moi aussi », aurait voulu répondre le jeune valet. Il s’abstint, bien conseillé par un solide instinct de survie.

Le valet marchait sur un fil. Le moindre battement d'aile de papillon dans son discours pouvait réenclencher la tempête. Il lança d'un trait : « Et bien voilà votre altesse j'étais en train de nettoyer la grande salle vous savez pour les préparatifs de votre mariage et je vous ai vu prendre les escaliers peu de temps après, il y eu cette silhouette mystérieuse

 Cette silhouette mystérieuse ? Coupa la princesse, cassante.

 Oui, enfin cette ombre menaçante...

 Cette ombre menaçante ? Articula Ombre, menaçante.

 Disons que j'ai vu quelqu'un qui vous suivait et qui en voulait à votre vie...

 Ma camériste. Dit froidement la princesse.

 Votre ? Demanda Palater qui croyait qu'elle réclamait par caprice sa maquilleuse.

 Ma camériste. Répéta-t-elle, glaciale, en désignant la masse gémissante sur laquelle il s'était acharné quelques minutes plus tôt.

 Oh. Regretta Palater. Êtes-vous sure qu'il n'y a pas quelqu'un d'autre ?

La princesse leva un sourcil. Mauvaise question..

Il enchaîna timidement : « Et je suppose qu'elle n'en voulait pas à votre vie. »

Silence foudroyant. Il continua à s'enliser « Pourtant je l'ai entendu dire « Maintenant princesse il me faut vous tuer. » Elle l'a dit n'est-ce pas ?

 Non ! Elle me mettait des faux-cils. *


* Vous aviez deviné, hein ?


          Palater regardait bêtement les faux cils longs comme des allumettes et menaçants comme des hallebardes. Son cerveau fit machine arrière pour réécouter les paroles menaçantes. Il prit cette fois le temps de boucher les trous et … « Ho ! Je crois que j’avais mal entendu. Bon et bien je crois que je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Vous devez avoir des tas de choses à faire. »

Les mots qu'il laissait tomber courraient jusque la princesse et s'écrasaient sur la muraille de son mépris.

Elle n'entendait rien. Elle cherchait des yeux la garde, sachant d'expérience que cette engeance se tapissait souvent derrière la porte. Cette porte ayant été chevaleresquement... heu… valettement défoncée, le sergent Trèfle et ses deux sous-fifres se tenaient piteusement à découvert.

D'un regard impérieux, elle les amena, trottinant, jusque dans la pièce. Ils tentaient, réflexe de soldat, d'avoir fière allure et se préparaient, pour garder contenance, à s'emparer de quelqu'un.

Mais qui ?

Il semblait opportun de saisir le jeune valet, mais il y avait d'autres personnes dans la pièce et il était hors de question de se tromper sur les attentes de la princesse. Il était encore moins question de la faire attendre. Elle commençait déjà à changer de couleur.

Hop ! A l'action !

Comme s'ils étaient pourvus d'un seul cerveau pour trois, les soldats mirent en même temps la main sur Palater et l'emmenèrent manu militari, selon l'expression appropriée, contre son gré vers la sortie. Ce devait être le bon choix car ils sortirent sans encombre.

La descente fut difficile. Les gens qui bâtissent les escaliers en colimaçon ne pensent à ceux qui vont devoir les descendre en quatuor. Surtout quand l'un des membres du quatuor ne coopère pas et joue en soliste sa propre partition dans la direction opposée. Pourtant ils avalèrent les marches en trombe et ne ralentirent qu'en bas, quand ils furent certains que la princesse ne les rappellerait pas. C'est presque guillerets qu'ils poursuivirent leur chemin vers les cachots ou ils jetèrent le malheureux héros.

 

 

 

Chapitre 2 : In nomine G.O.


 

 


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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 18:55

 

 

A voir aussi sur l'excellent site 3 minutes pour un jeu.

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 08:48

Thierry Lefranc a la fibre ludopédagogique. Il est l'auteur d'un site au concept original : des videos d'environ trois minutes pour présenter un jeu.

Les video sont claires, bien faites, agréables à voir et à entendre. Et il réussit à faire le tour d'un jeu en peu de temps.

 

Rendez-vous compte par vous même.

 

Or donc il y a peu  Creo Ludo (dont j'ai déjà parlé précédemment) est entré en possession - par des moyens de pression qui feraient pâlir d'envie n'importe quel dirigeant mafieux-  d'un exemplaire de "Haut les cubes !"

Il se trouve que Creo Ludo est une branche de Tout le monde joue association ludique dijonnaise qui organise -en autre- le festival Ludimania. Festival auquel ils m'avaient gentillement invité, mais où je n'avait pu me rendre pour des raisons de date (début septembre = pas possible rahaaaaaaa trop de trucs à faire, dans l'enseignement).

 

Thierry, lui, est venu caméra sous le bras à Ludimania et s'est arrêté au stand Creo Ludo.

 

Voici donc le résultat :

 

 

Si vous voulez laissez un commentaire, voici le lien sur le site 3 minutes pour un jeu.

 

Un grand merci à Thierry et à Creo Ludo !

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